Ce blog a pour ambition de suivre, en temps réel ou presque, l’une des aventures les plus intéressantes de ce début de millénaire : l’effondrement du capitalisme.ffice
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Aussi surprenant que cela puisse paraître, le capitalisme est effectivement aujourd’hui un "colosse aux pieds d’argile" et il commence à se fissurer de toute part. Et ce constat n’est pas uniquement partagé par ses opposants, mais aussi par certains de ces plus ardents défenseurs !
Nous prendrons comme point de départ, un article de la très sérieuse revue Foreign Affairs, intitulé « Riding for a fall » et écrit par Peter G. Peterson fin 2004.
En voici une très brève description : « Trois tendances de long terme menacent de mener les Etats-Unis à la faillite : les coûts grandissants de la guerre contre le terrorisme, la dépendance croissante de l’économie des Etats-Unis envers des capitaux étrangers, et le vieillissement de la population dans le reste du monde « développé ».
(Peter G. Peterson est président du « Council for foreign relations », du « Institute for International Economics » et du Blackstone group. Il fut secrétaire au trésor de l’administration Nixon. Pas franchement un alter mondialiste, donc…)
Texte intégral ici (en anglais) .
En gros, le mécanisme que décrit Peterson (et beaucoup d’autres !) est le suivant :
1. Les coûts induits par la « guerre contre le terrorisme » sont énormes, ils augmentent toujours et surtout sont engagés pour longtemps. Ils dépassent très largement ceux de la guerre en Irak, puisqu’il faut leur ajouter, la protection des frontières et des aéroports, le maintien de troupes pléthoriques partout dans le monde, des dépenses d’équipement militaires colossales, les programmes type « guerre des étoiles », etc.
Or, chacun le sait, les US n’ont absolument pas les moyens de tout cela, puisqu’ils sont le pays le plus endetté au monde, et de très très loin !
Qui finance donc cette dette ?
2. Des capitaux étrangers. Principalement japonais, européens, moyen-orientaux et, de plus en plus, chinois. (Concrètement, les banques placent l’argent qui leur est confié et achètent, notamment, des « Bons du trésor US », cad des emprunts de l’Etat américain) (N.B. pour les puristes : désolé pour l’explication simpliste, mais l’essentiel est là), ils financent donc la dette américaine. On pourrait se dire « ils ne sont pas fous, ils savent qu’ils sont obligés de continuer à le faire, sinon tout s’écroule ». Pas si simple…
3. Pas si simple, parce que la population des pays industrialisés vieillit ! Tous ces pays, particulièrement le Japon et l’Europe vont avoir besoin à court terme, de mobiliser énormément de ces capitaux pour faire face aux dépenses des retraites ! et là, ça bugge !
La dette US n’est plus financée… et le capitalisme s’effondre.
Peterson relate une de ces récentes conversations avec Haruhiko Kuroda, conseiller spécial du Premier Ministre japonais Junichiro Koizumi :
(à propos du coût du vieillissement de la population japonaise)
“Comment, lui demandais-je, allez vous financer ces déficits ?
« Comme vous le savez, nous avons un taux d’épargne élevé et des excédents importants. Pendant un certain temps, nous pourrons utiliser ces ressources », répondit-il.
« Mais, Mr. Kuroda, vous financez aujourd’hui environ un quart du déficit courant américain. Pouvez vous réellement dépenser ce même argent deux fois ? » lui demandais-je.
« Oui, c’est un problème très difficile ».
Sans commentaire.
Voici le mécanisme de base.
En très gros, donc :
1. Les US dépensent énormément d'argent qu'ils n'ont pas ;
2. Cet argent leur est aujourd'hui prêté par des étrangers,
3. Qui vont très bientôt avoir besoin de le récupérer.
--> faillite.
A cela, il faut encore ajouter deux choses :
- Beaucoup de gens, souvent très différents, accentuent, parfois volontairement, ces tendances de fond.
- En quoi la faillite des Etats-Unis provoque-t-elle l’effondrement du capitalisme ?
C’est ce que nous allons vous conter maintenant…
;-)
(N.B. : encore toutes mes excuses pour les nombreuses approximations de ce post. Elles ne trahissent pas, je crois, l’essentiel du raisonnement. Le papier original fait six pages et je vous encourage vivement à le lire pour avoir tous les détails).